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I ♥ Forest : update 2017

Article original publié en 2011 dans Le Temps, La Libre Belgique et Imagine, demain, Le Monde.

Bialowieza est la dernière parcelle de forêt primaire européenne, l'origine de l'hémisphère nord, témoin d'un passé lointain où chassèrent et cueillirent nos ancêtres, vestige d'un continent.

Nadira Husain
Nadira Husain
2017. En dépit des promesses de protection et des réglementations européennes et devant les regards désemparés d'historiens, environnementalistes, biologistes, botanistes, ornithologues, entomologistes, géologues, etc., le gouvernement polonais autorise la coupe d'arbre à Bialowieza.

Voici un extrait du livre "The World Without Us", dans lequel l'auteur Alan Weismann se rend à Bialowieza pour se faire une image du vieux continent tel qu'il existait voici quelques millénaires. L'endroit a miraculeusement été épargné par les civilisations successives de centurions romains, de rois polonais et d'apparatchiks bolchéviques. Une promenade dans ladite "réserve précieuse" de la forêt, une zone délimitée où aucune intervention humaine n'est permise, ne laisse pas indemne. Le choc produit ne vient pas de la hauteur des cimes ou de l'amplitude des troncs. C'est la familiarité des lieux et une force magnétique qui bouleverse l'auteur jusqu'au niveau cellulaire. L'évidence instantanée qu'en ces terres, sous ces feuillages et ces souches infestées, sommeille la mémoire de chaque organisme de l'hémisphère nord.

"It is startling to think that all Europe once looked like this Puszcza [forest, in polish]. To enter it is to realize that most of us were bred to a pale copy of what nature intented. Seeing alders with trunks seven feet wide, or walking through stands of the tallest trees here should seem as exotic as the Amazon or Antartica to someone raised among the comparatively puny, second-growth woodlands found throughout hte Northern hemisphere. Instead, what's astonishing it how primally familiar it feels. And, on a cellular level, how complete."











Valse noire

"Valse Noire", 2016, une édition de 60 pages réalisée par Flor Bragas, aka Louise Culot, dans l'Atelier d'Illustration de l'Institut des Arts ESA Saint Luc, à Bruxelles. Un mini livre en récit et images pour ne pas oublier l'aventure d'une petite fonctionnaire au Grand Machin. 

Clickez pour pour y voir de plus près.



Sortir de l’impasse par le haut

Usbek et Rica prouve que pour sauver les réfugiés, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Sans être redresseur de tords, le magazine qui explore le futur en fait appel au sens pratique et à la technologie. Un dossier que je co-écris avec Benoît Hervieu-Léger illustré par Björn Oberg

Top 2 des initiatives geek : Kiron et Techfugees.

 


"Malgré les reportages anxiogènes, les chiffres manipulés et la grande peur collective de l’envahisseur, l’afflux de réfugiés en Europe est bien une question problématique qui nécessite de trouver des solutions sans tarder. Le tragique attentat perpétré fin décembre 2016 à Berlin l’a encore démontré de la pire des façons. De la fermeture des camps humanitaires de fortune à la fondation d’une nation réservée aux réfugiés en passant par la création d’un passeport universel ou une ouverture raisonnée des frontières, Usbek & Rica évalue les solutions les plus crédibles pour sortir de l’impasse par le haut."

 Lisez-en plus sur le site de Usbek et Rica.




Riace, Città Futura

Publié dans Le Temps, La Libre Belgique, Usbek et Rica.

Pour lire l'intégralité du texte de reportage paru dans la revue trimestrielle Usbek et Rica, c'est ici.


Riace, un village de la semelle de l'Italie, un maire illuminé décidait il y a quelques années de repeupler sa campagne abandonnée avec des demandeurs d'asile en quête d'un nouveau foyer. Avec un peu de fantaisie et beaucoup d'empathie, Domenico Lucano a enfanté d'un modèle de village qui pourrait sauver le futur de beaucoup d'hommes d'ici et d'ailleurs. 
Città Futura, l'ubiquité culturelle est possible.




"Rien ne va plus, ici ou ailleurs, 
les hommes ne savent plus comment, ni 

où vivre. 
Là on est trop, ici on ne naît plus, 

les experts y perdent le nord 
et laissent tomber le sud. 
Ici comme ailleurs, les villes sont replètes et
les campagnes sont désertes.

Le rêve multiculturel en échec, 
la globalisation déduite 
d'une banane congelée 
dans un conteneur du port d'Anvers. 

Mais même si rien ne va plus,
dans quelque là-bas quelque ici, 
comme Riace la Citta Futura,
les jeux ne sont pas encore faits."


Wim Wenders est en train de réaliser un documentaire en 3D sur le projet : 
http://www.youtube.com/watch?v=_aAkkUyqkI0&feature=player_embedded

Le site de Città Futura : http://www.altralocride.it/

1 pas en avant, 2 pas en arrière

Pour ELLE Belgique, un reportage sur la galère de femmes qui travaillent pour deux fois rien, tellement rien que le welfare belge les prive de son bénéfice. Austérité oblige. "Le souci, madame,c'est qu'elles ne cotisent pas assez" (parole de syndicaliste). Tirer le diable par la queue, mesdames, vous l'emporterez au paradis !






Tous Hippies ?

Pour le mook trimestriel belge 24h01, je réalise une série de portraits de Belges dont la vie a été bouleversée par le changement climatique. Une tentative de décryptage de l'évolution sociétale que l'urgence climatique, comme on l'appelle désormais, est en train de provoquer. 

Ma question de départ : serions-nous en train de nous rapprocher de l'utopie sociale des hippies, sans perdant ni gagnant, sans pauvre ni riche, sans Nord ni Sud ? 







Histoire avec un "e"


Dans ELLE Belgique, de petits récits sur des grandes femmes phagocytées par l'histoire des hommes.

Trop compliquées, étaient-elles ces vieilles harpies ! Trop belles, ou trop moches, elles crevaient malades et folles ou d'un cancer des ovaires, toutes seules, à l'asile comme au chenil, pendant que les autres, eux sans "e", valaient bien un prix nobel!

Hommage aux Rosalind Franklin, Mileva Einstein, Elsa von Freytag, Lee Miller etc. et toutes celles qui faute d'espace n'apparaissent pas ici.


Découvrez à l'occasion l'exellent travail de l'historienne et illustratrice Kate Beaton qui redessine l'histoire pour y rendre sa place à chacune et chacun.

Voici la planche qu'elle dédicace à Rosalind Franklin, l'inventeuse anglaise de la structure en double hélice de l'ADN. Sa découverte fut spoliée par des collègues masculins, qui attendront sa mort pour décrocher le prix Nobel. Lors de la cérémonie, ils mentionneront à peine son nom.




Rencontre avec Erri de Luca

Le destin du journaliste n'est certainement pas envieux. Le malheureux n'est pas seulement pauvre, il est aussi détesté, stressé, désabusé, et cerise confite sur le gateau : il est addict à son métier. Alors que les temps changent, que l'internet bouleverse tout, que la presse du monde entier est lisible gratuitement et que grâce à google translator, on peut même la lire dans toutes les langues du monde, sans se déplacer au kiosque, sans avoir de potes expatriés, sans dictionnaire robert et collins et sans cours de langues mortifères, le journaliste, vainement, s'accroche à son métier. "Journaliste un jour, journaliste toujours", dit-on. La veine sadomaso.

Heureusement, il reste des rencontres pieuses, des moments de gloire à échanger des mots dangereux avec des Erri de Luca, des dédicaces trophées qui comblent le journaliste pendant des mois.
Parution dans l'édition d'été de l'excellent Imagine Demain Le Monde. 


Et ça, c'est le trophée. Sur la page de garde de "Le Contraire de Un", un recueil de courtes nouvelles sur l'amour et la révolution, à lire absolument.





Héroïnes


ELLE Belgique
. Un portrait de l'héroïque Hilde Vanleeuwe, une conservatrice belge qui, à la tête d'un parc naturel congolais pour l'ONG américaine Wildlife Conservation Society, a consacré sa vie à la défense des éléphants de forêts d'Afrique.


Un autre portrait de la même Hilde a aussi été publié chez "Imagine, demain, le Monde", le magasine belge d'écologie.

La rencontre avec Hilde a eu lieu en janvier 2013, devant un panorama à couper le souffle, dans le Parc National de Conkouati, au Congo Brazzaville.



Le portrait de Hilde est suivi d'un texte sur la nécessaire présence des femmes dans la recherche scientifique. La science reste l'un des derniers bastions des hommes...



Deus pages d'analyse sur l'opportunité d'encourager la présence des femmes dans la recherche scientifique, l'un des derniers bastions professionnels des mâles.

Travail de recherche et entretiens divers : 3 jours entiers au bas mot
Rédaction : une après-midi
Rétribution : 300 eu

Wala Wala, un patois sinobantou

ENFIN !

Après des années de travail, d'essais, d'échecs et de relances pour compter parmi les auteurs publiés dans la selective revue française "Le Tigre", le "curieux magazine curieux", la revue décalée la plus réussie de l'histoire de la presse contemporaine (si vous ne connaissez pas, connaissez-le, impérativement), ça y est, j'en suis !




Le dernier numéro (avant le lancement d'une nouvelle formule, inchallah) du Tigre (1 semestre 2015) publie un grand papier sur une découverte que j'ai faite au Congo Brazzaville : un patois sino-bantou inventé sur les chantiers de la capitale congolaise.

Voici quelques extraits du texte :

Imaginez un chantier où les ouvriers sont des poètes sonores. Leurs inventions langagières donnent lieu à une bretelle d’autoroute, un port, un aéroport que vous pourriez un jour emprunter. Serait-ce le rêve d’un ingénieur civil perché, le scénario d’un film dada, un tableau surréaliste sur les grands travaux inutiles? 

[...]


Ici, le français, c’est fini, gaspillé, gâté,

comme ils disent. Ce n’est même plus la langue des patrons. Les patrons, ils sont chinois. Les ingénieurs, chinois. Les four- nisseurs, chinois. Les ouvriers, chinois! D’ailleurs, pour les enfants des quartiers populaires, tout ce qui n’est pas noir est chinois.

[...]

C’est précisément là, au bord du fleuve
et non loin de l’illustre «Case de Gaulle», la résidence de l’ambassade de France, que j’ai vécu ma première expérience du wala-wala, aussi nommé miso-miso. La
première expression vient du français «voilà», la deuxième du lingala miso, qui signifie «œil». L’expérience est d’abord visuelle, sous la forme d’une ribambelle d’ouvriers congolais et chinois surgissant bras dessus, bras dessous, dans l’entr’ou- verture d’une palissade de tôle ondulée.

[...]

Visitez le site de le Tigre pour en lire plus et pour supporter une presse qui ne prend pas ses lecteurs pour des abrutis !

Same same but different

Considering the news, I thought it would make sense to repost that story I wrote when I was in the Congo, in 2013.

Back then I was already wondering why European media and public opinion should make a difference between African kids whether they see them at war, in the refugee camps or in their own cities.

[...] 

So lets see : those kids,
in their country = innocent victims
in the humanitarian camps = assisted refugees
in europe = illegal migrants

Same same but different ?!

In my last post, I reported about my working experience in Central African refugees camps in the Congo.

After work, I used to follow the European TV shows and even if it was only a few, there were some features on Central Africa, the war I was covering with the UN Refugees Agency.

Strange feeling to be witnessing a war on field and on a screen simultaneously. I might have seen the face of a child on TV and then met the same one in real life, in a refugee camp. 


When I came back to Berlin, I could not avoid thinking that those freshly immigrated African teenagers selling dope in my street could have been this same child, some years after.

Is n't it strange how we feel sorry about the victims of the war but then our compassion tends to disappear when those victims turn into refugees and ultimately, into migrants ?

Children of war = refugee = immigrant = dope dealer in Berlin...? Yet, compassion goes decrescendo



Refugees dont cry

In 2013, I worked for the United Nations Refugees Agency in the Congo (Brazzaville Congo, not DRC). I am currently writing some feature stories about that experience. In the meanwhile, here are some pictures and short impressions.

Refugees are a category of human beings that no State like to deal with. This is probably the only thing European, American, African, Russian and Arabic countries agree on. Refugees are the undesirable, everyone feels better to have them in remote area where no journalist or human right activist can easily access. They are several millions of them in Africa only.

Whilst war in the neighboring Central African Republic was getting worst,
thousands of people were crossing the border to seek for refuge in the peaceful Congo, like those three women on the first picture of the series below. I was there, standing amongst them, interviewing those survivors and I felt so miserable because the whole situation made me cry whilst they would never shed a tear. Refugees don't cry.

Working for UNHCR is not a piece of cake.

At the time I was working for UNHCR, I could see a lot of TV reports about the tragedy that Central African people were living, violences, poverty, restlessness, hunger, and all that. It seemed to me that if everyone feels concerned about the victims of the wars, as soon as the same ones, those victims of the war, become refugees, we no longer care.

Odd world.







Those three were not even 25 years old and had already 12 children alltogether. They decided to flee their villages after French army sent soldiers in the capital city of CAR, Bangui, to disarms rebels. The women said since the rebels were feeling endangered in the city, they would hide away in the countryside and attack villagers. Those three walked for two weeks with their babies accross the tropical forest between Congo and CAR until native Pygmy people helped them make their way to the next village where they would find UNHCR staff.
















All pictures taken in the north of the Republic of Congo, with refugees from the DRC or from Central African Republic.

Retour sur la gentrification à Berlin

L'effusion d'une presse d'un nouveau genre, on la salue de toutes parts, et moi la première (pas qu'ils règlent nos soucis financiers, mais au moins, nos soucis d'intégrité ;-).
Parmi les petits nouveaux, voici Ijsberg, un excellent media en ligne spécialisé dans l'information internationale. Une aubaine pour comprendre le monde à travers le regard de journalistes jeunes et non encore contaminés par le politiquement correct auquel sont condamnés les journalistes des grandes agences de presse.

A l'occasion de la célébration de la Chute du Mur de Berlin, Ijsberg publie un de mes reportages sur la gentrification de Berlin. Lisez-le, c'est GRATUIT !

Des images de mon documentaire "RAW: United we Stay" accompagnent le texte !