Tous Hippies ?

Pour le mook trimestriel belge 24h01, je réalise une série de portraits de Belges dont la vie a été bouleversée par le changement climatique. Une tentative de décryptage de l'évolution sociétale que l'urgence climatique, comme on l'appelle désormais, est en train de provoquer. 

Ma question de départ : serions-nous en train de nous rapprocher de l'utopie sociale des hippies, sans perdant ni gagnant, sans pauvre ni riche, sans Nord ni Sud ? 






Same same but different

Considering the news, I thought it would make sense to repost that story I wrote when I was in the Congo, in 2013.

Back then I was already wondering why European media and public opinion should make a difference between African kids whether they see them at war, in the refugee camps or in their own cities.

[...] 

So lets see : those kids,
in their country = innocent victims
in the humanitarian camps = assisted refugees
in europe = illegal migrants

Same same but different ?!

In my last post, I reported about my working experience in Central African refugees camps in the Congo.

After work, I used to follow the European TV shows and even if it was only a few, there were some features on Central Africa, the war I was covering with the UN Refugees Agency.

Strange feeling to be witnessing a war on field and on a screen simultaneously. I might have seen the face of a child on TV and then met the same one in real life, in a refugee camp. 


When I came back to Berlin, I could not avoid thinking that those freshly immigrated African teenagers selling dope in my street could have been this same child, some years after.

Is n't it strange how we feel sorry about the victims of the war but then our compassion tends to disappear when those victims turn into refugees and ultimately, into migrants ?

Children of war = refugee = immigrant = dope dealer in Berlin...? Yet, compassion goes decrescendo



Histoire avec un "e"


Dans ELLE Belgique, je publie cet été de petites histoires de femmes phagocytées par l'histoire des hommes.

Trop compliquées, étaient-elles ces vieilles harpies ! Trop belles, ou trop moches, elles crevaient malades et folles ou d'un cancer des ovaires, toutes seules, à l'asile comme au chenil, pendant que les autres, eux sans "e", valaient bien un prix nobel!

Hommage aux Rosalind Franklin, Mileva Einstein, Elsa von Freytag, Lee Miller etc. et toutes celles qui faute d'espace n'apparaissent pas ici.


Découvrez l'exellent travail de l'historienne et illustratrice Kate Beaton qui redessine l'histoire pour y rendre sa place à chacune et chacun.

Voici la planche qu'elle dédicace à Rosalind Franklin, l'inventeuse anglaise de la structure en double hélice de l'ADN. Sa découverte fut spoliée par des collègues masculins, qui attendront sa mort pour décrocher le prix Nobel. Lors de la cérémonie, ils mentionneront à peine son nom.




Rencontre avec Erri de Luca

Le destin du journaliste n'est certainement pas envieux. Le malheureux n'est pas seulement pauvre, il est aussi détesté, stressé, désabusé, et cerise confite sur le gateau : il est addict à son métier. Alors que les temps changent, que l'internet bouleverse tout, que la presse du monde entier est lisible gratuitement et que grâce à google translator, on peut même la lire dans toutes les langues du monde, sans se déplacer au kiosque, sans avoir de potes expatriés, sans dictionnaire robert et collins et sans cours de langues mortifères, le journaliste, vainement, s'accroche à son métier. "Journaliste un jour, journaliste toujours", dit-on. La veine sadomaso.

Heureusement, il reste des rencontres pieuses, des moments de gloire à échanger des mots dangereux avec des Erri de Luca, des dédicaces trophées qui comblent le journaliste pendant des mois.
Parution dans l'édition d'été de l'excellent Imagine Demain Le Monde. 


Et ça, c'est le trophée. Sur la page de garde de "Le Contraire de Un", un recueil de courtes nouvelles sur l'amour et la révolution, à lire absolument.





Chez ELLE


ELLE Belgique
 publie deux de mes textes à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme.

La première fois qu'une rédaction grand public m'autorise à publier un sujet traité sous un angle environnemental, sans m'écrire un commentaire du genre "c'est bien, mais un peu trop écolo quand même..."

Le premier est un portrait de Hilde Vanleeuwe, une conservatrice belge qui, à la tête d'un parc naturel congolais pour l'ONG américaine Wildlife Conservation Society, a consacré sa vie à la défense des éléphants de forêts d'Afrique.

Un autre portrait de la même Hilde a aussi été publié chez "Imagine, demain, le Monde", le magasine belge d'écologie.

La rencontre avec Hilde a eu lieu en janvier 2013, devant un panorama à couper le souffle, dans le Parc National de Conkouati, au Congo Brazzaville.



Le portrait de Hilde est suivi d'un texte sur la nécessaire présence des femmes dans la recherche scientifique. La science reste l'un des derniers bastions des hommes...



Deus pages d'analyse sur l'opportunité d'encourager la présence des femmes dans la recherche scientifique, l'un des derniers bastions professionnels des mâles.

Travail de recherche et entretiens divers : 3 jours entiers au bas mot
Rédaction : une après-midi
Rétribution : 300 eu

Chinois du Congo dans "LE TIGRE, le curieux magazine curieux"

ENFIN !

Après des années de travail, d'essais, d'échecs et de relances pour compter parmi les auteurs publiés dans la selective revue française "Le Tigre", le "curieux magazine curieux", la revue décalée la plus réussie de l'histoire de la presse contemporaine (si vous ne connaissez pas, connaissez-le, impérativement), ça y est, j'en suis !




Le dernier numéro (avant le lancement d'une nouvelle formule, inchallah) du Tigre (1 semestre 2015) publie un grand papier sur une découverte que j'ai faite au Congo Brazzaville : un patois sino-bantou inventé sur les chantiers de la capitale congolaise.

Voici quelques extraits du texte :

Imaginez un chantier où les ouvriers sont des poètes sonores. Leurs inventions langagières donnent lieu à une bretelle d’autoroute, un port, un aéroport que vous pourriez un jour emprunter. Serait-ce le rêve d’un ingénieur civil perché, le scénario d’un film dada, un tableau surréaliste sur les grands travaux inutiles? 

[...]


Ici, le français, c’est fini, gaspillé, gâté,

comme ils disent. Ce n’est même plus la langue des patrons. Les patrons, ils sont chinois. Les ingénieurs, chinois. Les four- nisseurs, chinois. Les ouvriers, chinois! D’ailleurs, pour les enfants des quartiers populaires, tout ce qui n’est pas noir est chinois.

[...]

C’est précisément là, au bord du fleuve
et non loin de l’illustre «Case de Gaulle», la résidence de l’ambassade de France, que j’ai vécu ma première expérience du wala-wala, aussi nommé miso-miso. La
première expression vient du français «voilà», la deuxième du lingala miso, qui signifie «œil». L’expérience est d’abord visuelle, sous la forme d’une ribambelle d’ouvriers congolais et chinois surgissant bras dessus, bras dessous, dans l’entr’ou- verture d’une palissade de tôle ondulée.

[...]

Visitez le site de le Tigre pour en lire plus et pour supporter une presse qui ne prend pas ses lecteurs pour des abrutis !

Retour sur la gentrification à Berlin

L'effusion d'une presse d'un nouveau genre, on la salue de toutes parts, et moi la première (pas qu'ils règlent nos soucis financiers, mais au moins, nos soucis d'intégrité ;-).
Parmi les petits nouveaux, voici Ijsberg, un excellent media en ligne spécialisé dans l'information internationale. Une aubaine pour comprendre le monde à travers le regard de journalistes jeunes et non encore contaminés par le politiquement correct auquel sont condamnés les journalistes des grandes agences de presse.

A l'occasion de la célébration de la Chute du Mur de Berlin, Ijsberg publie un de mes reportages sur la gentrification de Berlin. Lisez-le, c'est GRATUIT !

Des images de mon documentaire "RAW: United we Stay" accompagnent le texte !



La saga énergétique européenne, pour mieux nous polluer l'esprit et les poumons

La revue 24h01 publie l'un de mes textes au sujet de l'incertitude européenne à exploiter le gaz de schiste, ce gaz gisant sous nos pieds, "pris au piège" de la roche mère (si bien qu'il faut des tonnes d'explosifs et de liquides bizarres pour l'extraire le là) et que certains entrevoient comme notre salvateur pour les décennies à venir (en d'autres mots, pour quand y aura vraiment plus de pétrole).

Pour moi, comme pour les autres environnementalistes, il ne s'agit que d'une manière de plus de sauver la vieille peau de l'industrie extractive (donc les grandes sociétés pétrolifères qui n'hésitent pas à investir dans le gaz si c'est aussi lucratif) et de repousser les investissements et la recherche dans le renouvelable à une autre décennie.

C'est l'excellent artiste "Dans le Ciel Tout Va Bien" qui illustre mon papier.




Voici quelques extraits du texte :

Exploitera ? N’exploitera pas ? La série du gaz de schiste n’a pas fini de maintenir tout le vieux continent en haleine. S’agissant de l’approvisionnement énergétique de nos économies en crise, les enjeux sont lourds. Les États européens, plutôt que de faire front commun, préfèrent se la jouer solo. Suspense, suspense.


[...]

La grande révélation de notre feuilleton, c’est d’abord la Pologne. De coutume plutôt ronchonne, Varsovie est aujourd’hui exaltée à l›idée de se libérer de l’étau énergétique de ses voisins russes et allemands. « Grâce au gaz de schiste, la Pologne a des chances de devenir, d’ici 10 à 15 ans, la deuxième Norvège », déclarait triomphalement le ministre des Affaires Étrangères Sikorski en avril 2010.

[...]

Début 2011, la France réplique et les paysans d’Outre-Quiévrain volent la vedette aux mineurs polonais pour quelques épisodes. « Bénie des Dieux, elle serait au gaz de schiste ce que le Qatar est au pétrole », prêche Michel Rocard.

[...]

Le scandale vire au mélodrame quand, le 27 mai 2011, des opé- rations d›exploration provoquent un séisme près de la station balnéaire de Blackpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre. 

[...]

Dans tout ce vacarme, le Berlaymont peine à accorder ses violons. En septembre 2012, la Commission publie trois études aux conclusions ambivalentes. L'une admet que l’impact du schiste sur le marché de l’énergie de l’Union ne peut être que positif, comme aux Etats-Unis où le boom gazier a permis une baisse du prix de l’énergie et une relance indus- trielle accompagnée de création d’emplois. La deuxième confirme que l’empreinte écologique du schiste est redoutable à cause des grandes quantités d›eaux et des fluides chimiques utilisés lors des forages. La troisième nuance les études sur le bilan carbone avantageux du nouveau carburant. Le gaz émet certes moins de dioxyde de carbone que le charbon lors de sa combustion.

[...]


Pour en savoir plus, regardez "La Malédiction du Gaz de Schiste", ce documentaire de Lech Kowalski, un cinéaste polonais qui s'est intéressé aux conséquences socio-environnementales mais aussi à l'impact économique potentiel du gaz de schiste. Lech Kowalski  a réalisé ce film après le succès du documentaire "Gasland", de Josh Fox, qui traite de la même problématique mais aux Etats-Unis. 


24h01- Passez à l'heure belge !

Un nouveau souffle dans le paysage éditorial belge !

À mi-chemin entre livre et magazine, 24h01 propose des grands reportages (grands formats, écriture colorée, portraits, ...) sans idées préconçues : juste la vérité des choses vues et des êtres rencontrés...

Fort d'un concept innovant et original, cette nouvelle revue éthique, indépendante (0% de pub), narrative (qui raconte des histoires grâce à un journalisme d'investigation créatif et rigoureux), multimédia (textes, illustrations, photos et BD) est au service du public.








Evidemment, vous pourrez aussi m'y lire :)




Refugees dont cry

In 2013, I worked for the United Nations Refugees Agency in the Congo (Brazzaville Congo, not DRC). I am currently writing some feature stories about that experience. In the meanwhile, here are some pictures and short impressions.

Refugees are a category of human beings that no State like to deal with. This is probably the only thing European, American, African, Russian and Arabic countries agree on. Refugees are the undesirable, everyone feels better to have them in remote area where no journalist or human right activist can easily access. They are several millions of them in Africa only.

Whilst war in the neighboring Central African Republic was getting worst,
thousands of people were crossing the border to seek for refuge in the peaceful Congo, like those three women on the first picture of the series below. I was there, standing amongst them, interviewing those survivors and I felt so miserable because the whole situation made me cry whilst they would never shed a tear. Refugees don't cry.

Working for UNHCR is not a piece of cake.

At the time I was working for UNHCR, I could see a lot of TV reports about the tragedy that Central African people were living, violences, poverty, restlessness, hunger, and all that. It seemed to me that if everyone feels concerned about the victims of the wars, as soon as the same ones, those victims of the war, become refugees, we no longer care.

Odd world.







Those three were not even 25 years old and had already 12 children alltogether. They decided to flee their villages after French army sent soldiers in the capital city of CAR, Bangui, to disarms rebels. The women said since the rebels were feeling endangered in the city, they would hide away in the countryside and attack villagers. Those three walked for two weeks with their babies accross the tropical forest between Congo and CAR until native Pygmy people helped them make their way to the next village where they would find UNHCR staff.
















All pictures taken in the north of the Republic of Congo, with refugees from the DRC or from Central African Republic.

¡ Forget stereotypes about Canarian Islands !

Published in: Le Temps, Le Vif l'Express, Usbek et Rica,  Imagine, demain, Le Monde.



Download PDF of the reportage published in Le Vif l'Express (in French).

I took those pictures for a reportage (financed by Belgian Journalist Association) on beautiful el Hierro Island, in Canary. 

El Hierro is the least famous, least visited, least inhabited island of the Canary. It is also the further one of the African continent. The island was born around 130 000 years ago, which makes it a baby at the scale of our 4,6 billions-y-o planet Earth. El Hierro, like other Canary islands, was gradually formed by the accumulation of sediments as a submarine volcano was erupting again and again. Today, some eruptions can still occur, under the sea or through one of the hundreds of craters that spread on the island. 










By fostering energetic autonomy and political innovation for the last 40 years, el Hierro became one of the most sustainable place in Europe and the world. 

Wind, water, sun, earth, all four elements are combined to the fifth and essential one, human ingenuity.

From precarious life conditions in the 70's, they achieved a safe and attractive society, based on respect of nature and social progress. 

Riace, Città Futura

Publié dans Le Temps, La Libre Belgique, Usbek et Rica.

Télécharger le PDF du reportage paru dans la revue trimestrielle Usbek et Rica.


Riace, un village de la semelle de l'Italie, un maire illuminé décidait il y a quelques années de repeupler sa campagne abandonnée avec des demandeurs d'asile en quête d'un nouveau foyer. Avec un peu de fantaisie et beaucoup d'empathie, Domenico Lucano a enfanté d'un modèle de village qui pourrait sauver le futur de beaucoup d'hommes d'ici et d'ailleurs. 
Città Futura, l'ubiquité culturelle est possible.




"Rien ne va plus, ici ou ailleurs, 
les hommes ne savent plus comment, ni 

où vivre. 
Là on est trop, ici on ne naît plus, 

les experts y perdent le nord 
et laissent tomber le sud. 
Ici comme ailleurs, les villes sont replètes et
les campagnes sont désertes.

Le rêve multiculturel en échec, 
la globalisation déduite 
d'une banane congelée 
dans un conteneur du port d'Anvers. 

Mais même si rien ne va plus,
dans quelque là-bas quelque ici, 
comme Riace la Citta Futura,
les jeux ne sont pas encore faits."


Wim Wenders est en train de réaliser un documentaire en 3D sur le projet : 
http://www.youtube.com/watch?v=_aAkkUyqkI0&feature=player_embedded

Le site de Città Futura : http://www.altralocride.it/

Wayuu nation : the People of Dream

I travelled trough the colombian desert of La Guajira, in the most northeastern point of South America to meet the wayuu people. Their life travels in a desert of salt, coal and gas.



The Wayuu nation are about 500 000 people living between the borders of Colombia and Venezuela, the Caribbean, and the Atlantic ocean. It is the greatest remaining amerindian nation in the region while most of Columbian indigenous nations have been diluted. 

Wayuu society is based on a matriarchal stucture.



Wayuus are the people of dreams for in their culture, interpretation of dreams has a significant role.

They seek to apply the teaching of the night in their daily life. They believe dreams can be predictions if they are well interpretated. Also, dreams can be used by dead members of the clan to communicate with the living world.


Wayuu women are skillful artisans. For centuries, they have been weaving hammocks (actually theirs are five- stars hammocks, called chinchorros, see above) and knitting bags, the mochilo, whose geometric colorful designs would inspire the greatest fashion designers.


A drawing I made of the lady that hosted me in the desert.